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Mercredi 30 avril 2008 3 30 /04 /2008 17:13

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LE PREMIER MAI 1891

Le premier 1891, à Fourmies, le beau temps est au rendez-vous en ce premier jour du mois de Mai, un vendredi. Sur les haies du bocage, l'aubépine veut fleurir. Les amoureux ont cueilli des rameaux de frêle blancheur pour les fiancées. Quoi qu'il arrive, les jeunes seront les héros de la fête. La scène du théâtre est prête: une esplanade rehaussée où la mairie, l'église et des estaminets invitent aux allées et venues, au rassemblement et aux harangues.

A 9 heures, après une échauffourée avec les gendarmes à cheval, quatre manifestants sont arrêtés. Des renforts sont demandés à la sous-préfecture qui envoie en renfort deux compagnies du 145e de ligne casernée à Maubeuge. Le 84e RI d'Avesnes est déjà sur place.

Dès lors le premier slogan : " c'est les huit heures qu'il nous faut " est suivi par " c'est nos frères qu'il nous faut ".

18h15 : 150 à 200 manifestants arrivent sur la place et font face aux 300 soldats équipés du nouveau fusil Lebel qui contient de 9 balles (une dans le canon et huit en magasin) de calibre 8 mm. Ces balles peuvent, quand la distance n'excède pas 100 mètres, traverser trois corps humains sans perdre d'efficacité. Les cailloux volent ; la foule pousse. Pour se libérer, le commandant Chapus fait tirer en l'air. Rien ne change. Il crie : " baïonnette !.. en avant ! " Collés contre la foule, les trente soldats, pour exécuter l'ordre, doivent faire un pas en arrière. Ce geste est pris par les jeunes manifestants pour une première victoire. Kléber Giloteaux, leur porte drapeau s'avance.

Il est presque 18h25....le commandant Chapus s'écrie : " feu !feu !feu rapide ! visez le porte-drapeau ! "

Neufs morts, trente cinq blessés (au moins) en quarante cinq secondes. C'était à Fourmies le premier mai 1891. ls seront inhumés le 4 mai.Deux procès auront lieu : le premier à Avesnes sur Helpe le deux mai, les 9 manifestants arrêtés la veille sont condamnés pour entraves à la liberté du travail, outrages et violences à agents, et rebellions à des peines d'emprisonnement de 2 à 4 mois.

Le second à Douai le 4 juillet. Hippolyte Culine et Paul Lafargue sont accusés pour provocation à attroupement armé. Le verdict arrive le lendemain dimanche 5 juillet, après cinq minutes de délibération. Culine est condamné à 6 ans de réclusion et 10 ans d'interdiction de séjour, Lafargue, 1 ans de prison.

Que la justice était rapide en ce temps là. Mon arrière-grand-père, désigné dans l'acte d'accusation comme l'un des meneurs, ne sera pas cité comme témoin, pas plus que les 9 manifestants condamnés à Avesnes.En 1903, un monument sera élevé à la mémoire des fusillés dans le cimetière. La journée de 8 heures, soit 48 heures par semaine a été accordée par la loi du 23 avril 1919.

Le Premier mai, journée de lutte ouvrière, fait peur. À défaut de pouvoir le réprimer, l'empêcher, on s'efforce de le banaliser. La question de sa transformation en jour férié est posée par les rapports de police dès le début du siècle. En 1937, l'État donne l'exemple en accordant un jour férié: les fonctionnaires n'auront plus à faire grève pour manifester le 1er mai. En 1941, malgré l'occupation d'une moitié de la France par les nazis et la répression organisée par le régime de Vichy dans l'autre, le 1er mai fait toujours peur. Pétain en fait alors la "Fête Nationale du Travail", et choisit ce jour pour exposer les principes de la Charte du Travail qu'il entend imposer comme cadre des relations sociales. La Charte du Travail n'a pas survécu à la Libération. Mais le Premier mai est resté un jour férié...Sources : Z Pierart :Recherches historiques sur Maubeuge; André Pierrard et Jean-Louis Chappat : La fusillade de Fourmies ; Fidel Fortier : mémoires ; Archives Départementales du Nord ; Autres diverses sources.Comme le printemps est dans l'air du Premier mai, celui qui manifeste, ou simplement se promène, pense tout de suite à se fleurir. Le socialiste Paul Brousse lança un concours dans son journal en 1895, pour inviter les travailleuses à donner des idées en la matière. Peu à peu, la rouge églantine s'impose, comme l'œillet rouge en Italie... Mais l'églantine, cette rose sauvage symbole de la Révolution française, connaît un sérieux rival, le muguet, qui a pour lui de fleurir juste au Premier mai. Après la Première Guerre, la grande presse organise la promotion systématique du muguet blanc contre la rouge églantine, comme la presse allemande encourage l'edelweiss et la Démocratie chrétienne italienne l'œillet blanc... C'est sous Vichy que le muguet détrônera finalement l'églantine, que personne ne songera plus à remettre à l'honneur ensuite.

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Par SYNDICAT SUD ANPE GUYANE
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Commentaires

Ca serait pas mal que Solidaires relance la mode de l'eglantine pour le premier mai...
En Languedoc Roussillon nous avons également commencé un blog et nous aurions besoin de petits conseils techniques. qui joindre de chez vous?
Commentaire n°1 posté par Sanchez Jean-Louis le 22/05/2008 à 09h45
VIVE LE MARECHAL PETAIN !   
Commentaire n°2 posté par j-paul le 01/05/2009 à 09h05
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