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PRECAIRES - CHÔMEURS - EXCLUS
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Byen bonswa tout moun,
Pèp Gwadloup, nous avons le soutien fraternel de beaucoup de travailleurs sur la terre. Nous avons rencontré [lors du déplacement de 5 jours en France] des travailleurs camerounais, gabonais, mauritaniens, commoriens, togolais, des travailleurs français, des représentants des partis politiques, et même monseigneur Gaillot... Et tous nous ont dit de ne pas lâcher, que nous avions raison (de lutter).
Camarades, à la Fête de L’Humanité, nous sommes intervenus dans plusieurs meetings et conférences et les responsables de la Fête sont venus nous confier que c’était la première fois qu’ils voyaient autant de monde présent aux conférences. Nous sommes aussi intervenus le dernier jour devant plus de 40 000 personnes et je peux vous affirmer que nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait, de ce que nous faisons.
Nous pouvons en être très fiers, et nous étions même à certains moment gênés car il arrivait que des participants nous regardent comme des "maîtres" ; et à certains moments ils venaient nous demander des "conseils". Nous leur avons à tous répondu que chacun fait ce qu’il faut, mais qu’il s’agit avant tout de se battre. Le gouvernement Sarkozy est un état policier qui a délibérément choisi de faire de l’action syndicale un crime.
Nous pouvons être fiers. Contrairement à ce que quelques journalistes du Figaro et de L’Express écrivaient, à savoir que les guadeloupéens sont racistes, eh ben les français eux ne le pensent pas du tout. Les travailleurs de France nous apprécient et voient en nous un modèle de lutte à développer chez eux aussi. Et à plusieurs reprises, ils nous ont interrogé sur ce qu’il leur fallait faire pour nous aider. Nous leur avons dit que ce qu’ils avaient à faire, eh ben, c’est justement de "mettre en route" [enclencher la vitesse supérieure, mettre la pression] sur Sarkozy aussi.
Nous avons rencontré les travailleurs de MOLLEX, de CONTINENTAL, de GOODYEAR, de la POSTE, et tous sont sur la même ligne que le LKP. Et ils nous ont affirmé s’être aussi inspirés de notre lutte pour entrer en mouvement.
Nous avons également rencontré les travailleurs kanaks de L’USTKE qui sont actuellement en France, parce que nous savons tous que 7 de leurs dirigeants ont été arrêté puis condamnés. Et qu’aujourd’hui la cour d’appel [de Nouméa] a condamné le président du syndicat [ Gérard JODAR ] à neuf mois de prison ferme. Parce qu’ils avaient pénétré sur une piste d’aéroport fermée et dans un avion vide, la justice a considéré qu’ils avaient entravé la circulation des avions. Alors, là aussi ils nous adressent leur solidarité et nous aussi nous leur adressons notre solidarité. Car aujourd’hui on comprend bien que le gouvernement Sarkozy est un état policier qui a délibérément choisi de faire de l’action syndicale un crime.
Jodila, nous avons plusieurs militants de L’UGTG qui ont reçu la visite à leur domicile de la gendarmerie pour des prélèvements de leur ADN. Jodila, un militant syndicaliste est considéré comme étant pire qu’un pédophile ; avec des prélèvements d’ADN. Nous avons vu la manière dont ils ont condamné les salariés de CONTINENTAL à 5 mois de prison avec sursis pour avoir défendu leur emploi. Jodila, pour L’USTKE en Nouvelle Calédonie qui se rebelle contre l’ordre colonial, c’est la même chose. Nous le redisons à ce préfet : mettez vous au travail !
Nous avons vu tous les rapports qu’ils ont produit (rapports sur l’essence, rapport sur les prix qui affirme que ni l’octroi de mer ni les coûts du transport ne peuvent justifier de tels écarts) qui démontrent très clairement qu’ils nous volent. Mais ces rapports prétendent aussi qu’il n’y a pas assez de concurrence, qu’il faut plus de concurrence pour faire baisser les prix. Et là dessus monsieur Willy ANGELE [président du MEDEF Guadeloupe] a déjà annoncé la couleur en affirmant qu’ils voulaient [eux le patronat] faire de la Guadeloupe le Singapour de la Caraïbe. A Singapour, c’est la prostitution légalisée, c’est le travail des enfants, il n’y a pas de couverture sociale, il n’y a pas de syndicats, les gens travaillent 40 heures et dorment debout. Voilà ce qu’ils nous proposent ! Le Singapour de la Caraïbe...
On comprend donc encore mieux les choses à la lecture de tous ces rapports qui disent qu’il y a quelques groupes, pour ne pas dire quelques grandes familles possédant plus de 40% des surfaces commerciales dans ce pays ; qu’il y a des ententes illicites entre les grossistes et les distributeurs ; qu’il y a des accords d’exclusivité qui permettent à certains d’imposer leurs prix...
Et bien évidemment l’Etat est au courant. Mais il faut dire la vérité : Tous ces fonctionnaires de l’Etat présents à la DRIRE, à la DIREN, à la préfecture, ne sont qu’une bande de pistonnés fainéants qu’on nous envoie ici en Guadeloupe. Monsieur Ambroise [Jean Jacques, directeur régional de la direction de la concurrence et de la répression des fraudes, remercié discrètement en juillet dernier] était membre de l’Observatoire des prix. Il est resté six ans comme directeur de la DRCRF en Guadeloupe sans jamais effectuer un contrôle. Ils sont ici , et ils se la coulent douce... Mais ils se la coulent douce entre eux : avec les DESPOINTES[un des clans békés installés en Guadeloupe] ; sur les yachts des HAYOT[première fortune békée de la Martinique] le week-end ; en participant à des soirées piscines dans leurs résidences... Comment dès lors peuvent-ils aller ensuite contrôler le magasin de leurs hôtes ?
Voilà la triste vérité ! Lorsqu’il s’agissait de donner des autorisations d’organiser des vivanderies (soirées) au Mercury Day, c’est les mêmes que l’on y retrouvait : Les Affaires Maritimes et la Préfecture ! Ils sont entre eux, ils organisent leurs vivanderies, ils se la coulent douce dans notre pays... Et après cela, ils iraient contrôler un quelconque magasin ?!
Le préfet a prétendu que les brigades de contrôle des prix que nous mettons en place sont illégales. Mais nous le redisons à ce préfet : sortez de votre sieste et mettez vous au travail ! L’Etat français, le principal garant de la pwofitasyon est associée aux malfaiteurs qui nous volent
C’est écrit dans le protocole : l’Etat s’engageait à mettre sur pieds des brigades de la répression des fraudes pour contrôler et sanctionner les dérives ! Ils ne l’ont jamais encore fait ! Et curieusement, lorsqu’il a su que nous mettions sur pied des brigades, il s’est empressé de demander à ses services de s’activer pour procéder à des contrôles...
Mais nous savons déjà que cela n’aboutira à rien : car comme je l’ai expliqué à l’instant, le samedi ils sont sur la plage ou autour d"une piscine à manger ensemble leurs grillades et à savourer ensemble... Voilà la réalité : c’est une association de malfaiteurs.
Jodila, l’Etat français, qui est le principal garant de la pwofitasyon, est associé aux malfaiteurs qui nous volent !
Et jodila, ils ont choisi une Guadeloupéenne, Marie Luce Penchard, pour être leur bras armé afin qu’ils continuent à nous spolier ! Et le camarade de L’UNSA [Gérard Alidor, "camarade parrain", secrétaire de L’UNSA] a raison : si elle avait réellement la fierté d’être guadeloupéenne, elle n’aurait pas accepté ce vol et aurait démissionné. Car comme nous le disons ici : apa paskè zèl a ravèt vewni, kè sé bon vyann...
Voilà ainsi qu’ils entendent nous avoir : comme elle est guadeloupéenne, ils nous demandent d’être "responsables", "raisonnables", d’être "gentils"... Mais "gentils" = kouyon !!! Et c’est cela qu’a également réclamé sa mère [Lucette Michaux-Chevry, ancienne secrétaire d’état à la francochonie, ancienne présidente du conseil général puis du conseil régional de Guadeloupe, aujourd’hui sénatrice] qui nous demande de nous assoir autour d’une table pour discuter... Nou paka palé ankò ! Que chacun fasse son boulot, que chacun prenne ses responsabilités... Car tous ces rapports qui nous donnent raison prouvent une nouvelle fois que leurs états généraux n’étaient qu’une vaste blague...
Dernièrement je suis tombé sur le texte de quelqu’un qui a participé à l’atelier sports des états généraux... Et ces jours-ci, il fulmine car là encore tout ce qui a été produit par cet atelier a été "oublié" dans la synthèse finale... Comme s’il pouvait l’ignorer... Pendant notre visite en France, nous avons également rencontré des personnes en colère qui avaient participé aux "états généraux de la métropole" et qui considéraient qu’on les avait "roulé dans la farine" (dixit).
Ainsi, l’Etat français organise des états généraux, vous berce d’illusions, vous manipule, et vous continuez pour autant à y croire... C’est ce même Etat qui affirmait qu’il allait prendre des décisions à l’issue d’une réunion interministérielle... Mais madame Penchard, elle, n’attend pas pour prendre des décisions en faveur de la SARA [Société Anonyme de Raffinerie des Antilles].
C’est extraordinaire ! Elle a pris des décisions : elle a baissé les marges de la SARA, elle a baissé les marges des compagnies pétrolières, elle a baissé la taxe de dépôt, supprimé la taxe sur les huiles usées, ... Et malgré cela l’essence augmente de 22 centimes... [1] Car bien évidemment cette hausse nous est administrée par petites doses pour qu’on ne la "sente" pas : mais c’est bien 22 centimes d’augmentation qu’ils ont décidé. Nous n’avons pas d’autre solution : la mobilisation et l’action.
Ils ont déjà donné à TOTAL 44 millions et prévoient de lui en verser autant encore d’ici la fin de l’année. Le gouvernement est donc allié aux pwofitan et madame Penchard est leur bras armé. Alors camarades, nous n’avons d’autre solution que celui de la mobilisation et de l’action.
Mais seulement, nous leur disons que nou paka bwè soup annou cho... Nous organisons tous ces jours des meetings dans les communes et distribuons des tracts. Camarades, participez à ces meetings, lisez les tracts, faites un peu de sport... pour que le moment venu on puisse les affronter. Parce que de toutes les façons, nous n’avons pas le choix : c’est soit eux, soit nous, sé swa Yo, swa Nou. Et nous avons choisi le Nou, car c’est notre pays, camarades !
Ansanm nou ka lité, Ansanm nou ké gannyé !
Jou nou ké mété a jounou, péké vwè jou !
Mèsi !
Elie Domota,
Meeting du LKP, mardi 15 septembre 2009
An bik la, palais de la Mutualité
Non à cette taxe Carbone, rendue inefficace par le gouvernement
Après un débat d’experts qui avaient trouvé un compromis sur une taxe carbone d’au moins 32€ la tonne pour être efficace, nous nous retrouvons face au fait du prince, qui décide seul d’une taxe à 17€ et de sa compensation intégrale, sans mettre en place une politique qui permettrait d’avoir le choix d’une consommation alternative. L’idée d’une taxe écologique est foulée aux pieds, vidée de son contenu et l’absence inévitable de résultat lui fera perdre toute crédibilité. Son inefficacité est certaine :
- à cause de la très faible augmentation du prix des énergies taxées qu’elle entraîne et de son
remboursement. Un seul exemple : tout le monde affirme qu’il faut résoudre le problème des transports qui restent le principal émetteur de CO2, qu’il faut transférer du trafic de la route sur le rail. La taxe pourrait représenter un outil dans ce sens, mais le gouvernement vient de baisser la taxe à l’essieu, va faire cadeau de la taxe professionnelle, annonce des compensations fiscales supplémentaires pour aider les entreprises de la route. Pendant ce temps, la SNCF ne récupèrera pas toute sa taxe professionnelle et annonce la suppression de 60 % de ses wagons de fret isolés jugés les moins rentables
- à cause de l’absence d’une politique offrant le choix de consommer autrement. Nous dénonçons le remboursement de la taxe qui prive de moyens financiers une vraie politique de préservation de l’environnement. Les comportements de consommation ne changeront pas si une alternative de consommation n’est pas offerte. Inciter à moins utiliser la voiture nécessite d’améliorer la qualité et la rapidité de transports collectifs très peu chers voire même gratuits. Baisser la consommation de chauffage impose une politique de rénovation massive des bâtiments. A ce sujet, nous protestons contre l’incitation sous tendue à consommer de l’électricité du fait de sa non « inscription » à la taxe carbone, au lieu d’imposer de nouvelles normes de construction. Offrir le choix de consommer autrement nécessite une politique environnementale, des plans de rénovation massifs des habitats collectifs, de densification urbaine, de relocalisation de l’économie et de la production agricole, de transfert du trafic routier vers des modes plus respectueux de l’environnement, de réorientation des investissements vers les énergies renouvelables et les projets écologiquement soutenables, de protection et financement collectif des biens publics mondiaux tels que l’énergie, les forêts, la terre et l’eau…Nous sommes opposés également à l’accroissement des injustices sociales liées à cette taxe qui frappe aveuglément : elle est mise en place tandis que régressent encore les impôts sur le revenu, le seul impôt payé par chacun selon ses possibilités. Les plus riches continueront de vivre comme avant, sans être pénalisés par la taxe.
L’apparente contradiction entre la nécessité d’une taxe élevée et l’impossibilité de pénaliser encore les plus démunis se résout par une politique fiscale plus juste s’appuyant sur une plus grande place à l’impôt progressif sur le revenu, sans bouclier fiscal, et une baisse de la TVA qui frappe aveuglément et représente la moitié de rentrées fiscales. Soyons réalistes, le prix des matières premières fossiles en disparition ne pourra qu’augmenter en flèche. Cette augmentation des prix pourrait être anticipée, étalée par une taxe écologique d’un niveau très élevé qui s’insère dans une politique environnementale offrant le choix de consommer autrement, qui ne pénalise pas les plus démunis en leur attribuant gratuitement les produits de première nécessité
COMMUNIQUE UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
16 septembre 2009
Notre métier, c’est en priorité d’aider les demandeurs d’emploi à trouver du travail, et c’est ce que les chômeurs attendent
légitimement de nous. Or
IL N ‘Y A PAS D’EMPLOI POUR TOUS
La multiplication des entretiens ne créera pas d’emploi mais augmentera les risques, pour les demandeurs, d’être contraints, harcelés et sanctionnés
Nous,SOLIDAIRES SUD EMPLOI GUYANE,
déclarons ne pas vouloir nuire, de quelque façon que ce soit, à des gens blessés par la privation d’emploi et de revenu.
Nous refusons d’exclure de l’exclusion et nous ne générerons plus aucune radiation sans avoir pris le soin d’en mesurer la portée morale et les préjudices
Nous proposerons mais n’imposerons pas les prestations.
Nous ne mettrons pas de force les chômeurs dans des petites cases.
Nous n’utiliserons pas le chantage à la radiation.
Nous refusons d’être désignés nommément à la colère des chômeurs.
Nous refusons d’être une police sociale conditionnée à la répression au détriment de notre mission de service public de conseil à l’emploi.
Ni les chômeurs ni les salariés des services de l'emploi ne peuvent être tenus pour responsables de la dégradation du marché de l’emploi et de la précarisation croissante.
Nous sommes solidaires des chômeurs.
Nous refusons de contribuer à la production de chiffres falsifiés, fausses offres et faux entretiens, et nous choisissons de recentrer nos pratiques professionnelles sur l’aide à nos usagers dans
le respect de leurs droits de citoyens.
SOLIDAIRES SUD EMPLOI GUYANE GUYANE
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